La honte: comment notre cerveau la masque au quotidien

La Honte, une émotion que notre cerveau sait masquer mais au prix de quelles souffrances ?

La honte n’est pas innée mais acquise.

Les parents apprennent au petit enfant que certaines choses ne se font pas (pipi au lit, ou dans sa culotte par exemple). Cela fait partie de l’éducation normale, mais à la faveur d’un accident un peu plus tard, la honte sociale va être évoquée.

« On ne parle pas quand les adultes parlent », « que va-t-on dire de toi ? » et c’est la timidité et la peur du jugement qui s’installent.

A l’école, il se fait faire des remontrances sur son travail, ses résultats, et l’enfant n’aime plus l’école, a peur de l’enseignant, des moqueries.

Et, c’est ainsi que petit à petit, la honte s’installe alimentée par les comparaisons aux autres, (réussite aux examens, vêtements marqueurs de statut social, capacités sportives, talents, morphologie…).

Pour avoir reçu pendant des années des jeunes (majoritairement des garçons), le plus souvent en difficultés scolaires, j’ai pu observer qu’aucun n’était fier d’être « un mauvais élève » mais ils développaient deux sortes de stratégies de défense.

 Soit, ils subissaient et se repliaient sur eux-mêmes (et pratiquaient des jeux d’ordinateurs à longueur de journée enfermés dans leur chambre) soit, tant qu’à faire que d’être « mauvais, soyons le meilleur des mauvais » (statut de perturbateur, exclusions, déscolarisation etc…).

Ces jeunes ne se voyaient pas d’avenir, ne se projetaient dans aucun métier. Ils étaient en fait déprimés (mais on ne diagnostique pas des jeunes qui « ne veulent rien faire »).

Ils avaient en commun le fait de n’avoir aucune confiance ni estime de soi.

Ils se présentaient en survêtement, casquette à l’envers, avachis sur la chaise en face de moi, histoire de montrer leur désintérêt. Pourtant, si je leur proposais de s’imaginer rencontrant, dans quelques années, un jeune homme en tenue de ville et un autre vêtu comme eux actuellement, sans hésitation, ils enviaient celui qui donnait l’impression d’avoir un bon travail et le statut qui va avec. Ils s’ouvraient ainsi la porte vers la résilience.

Je me sers de cette expérience professionnelle auprès des jeunes, mais les adultes qui n’ont pas eu la chance de grandir dans un milieu sécurisant et rassurant, paient souvent tout au long de leur vie le poids de cette « honte » larvée. Ils agissent comme s’ils n’avaient pas droit à une place dans le monde, au point de se priver d’opportunités, de ne pas oser…

 Dans certains cas, leur cerveau les aide à trouver des stratégies de protection pour masquer cette émotion, en se reportant sur d’autres situations ou objets. (l’évitement, les Phobies, les TOC, les troubles alimentaires, les addictions, par exemple).

L’antidote de la HONTE est une image de soi restaurée.

Ne passez pas à côté de votre vie.

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Psychopraticienne en Psychothérapie, Sophrologie et Psychologie du Travail.

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